Avril 2010, les élèves de 3°3 rédigent un monologue.

Le sujet est tiré de la pièce de Jean Anouilh, Antigone, que les élèves ont étudiée et qu'ils ont vu au théâtre.

Hémon vient de discuter avec son père Créon et celui-ci lui demande d'accepter la mort prochaine de sa fiancée Antigone. Celle-ci n'a pas respecté la loi, a enterré son frère Polynice, et elle devra donc être punie de mort. Hémon reste seul et s'interroge sur ce qu'il doit faire.

La rédaction de Lucas (3°3)

Hémon (il est assis, seul) :

 

Pourquoi fais-tu ça, père ? Pourquoi fais-tu cela, condamner ma bien-aimée ? Tu es le roi ! Tu peux l'empêcher ! Pourquoi ne le fais-tu pas ? Pourquoi la tuer ? Tu dis que le peuple veut sa mort... Ah ! Le peuple te commande donc, tu n'es que le pantin de sa volonté, tout compte fait! Alors, le peuple veut un assassinat, et toi, tu le lui donnes ? Oh ! Quel exemple montres-tu ? Le devoir avant les sentiments... Enfin, as-tu raison ou tort ? Je ne sais que choisir... je suis déchiré entre ces choix... (il prend sa tête entre ses mains) Mon père ou ma fiancé ? Le peuple ou ma fiancé ? Le devoir ou ma fiancé ? Le roi ou ma fiancé ? Ma vie ou ma fiancé ? Ma fiancée est ma vie. Mais, ma vie est-elle ma fiancée ? Ou bien, ma vie est-elle le devoir ? Que choisir ? L'autorité ou bien l'amour ? Pourquoi ne pas la laisser fuir ? Cela serait si simple : un garde assommé, une prisonnière disparue… ça serait si simple ! Évidement, c'est impossible, qui le ferait ? Pas même toi, Antigone. Ah ! Quelle triste histoire. Une malheureuse voulant enterrer son frère, un jeune homme ne sachant que faire, et le roi, son père, ne cherchant qu'à plaire. Plaire au peuple ! Les dieux ne vont pas nous venir en aide : ils ont, depuis longtemps, quitté cette contrée abandonnée de toute beauté de pensée. La déesse de l'amour est partie, mon père sombre dans la folie. Entre autres, folie meurtrière, face à cette situation. Je sais à présent ! (il lève soudain la tête) Je vais libérer ma douce. Tu ne pourras pas m'en empêcher, Créon, Roi des Fous ! Je l'enlèverai et partirai à la nuit tombée. Je chevaucherai à travers le pays vers un endroit calme, à l'abri de tout et de tous. Les années passeront et nous serons heureux. Je ne serai pas roi : j'ai choisi mon parti. Celui d'Aphrodite. Ce soir, je tenterai. Et soit nous partons à l'étranger, soit je meurs à ses cotés. (il se lève et sort)

La rédaction d'Anaïs (3°3)


HÉMON, seul et bouleversé

 

Comment puis-je arrêter cela ? Pourquoi n'essaie t-il pas de comprendre (il s'immobilise pensif) Pourquoi cette décision, cette loi ? En voulait-il tant à Polynice pour lui enlever le repos ? Elle a pensé bien faire. (Il s'adresse au public S'il vous plaît, aidez-moi ! Que dois-je faire ? Je l'aime tant, je ne peux pas rester là, à réfléchir trop longtemps, je dois la sauver ! (Il s'avance) Comment n'ai-je rien remarqué ? (Il réfléchit, dans le silence, longuement) Mon père, Créon, est si cruel. Il sait combien je l'aime ! Dois-je le tuer comme il compe le faire à ma chère Antigone ? Je ne peux pas le laisser agir ainsi. Je le ferais taire à tout jamais ! Mais s'il avait déjà … S'il l'avait déjà tuée ? Non, il faut peut-être que je me sacrifie pour elle, il comprendrait son erreur ! Après tout, je ne pourrai pas accepter de vivre sans elle. Surtout si je dois voir la tête de son meurtrier sans arrêt ! (Soudain sûr de lui) Le temps est venu de montrer à mon père ce qu'est un homme, non pas celui qui a peur, mais celui qui est prêt à mourir pour sa bien-aimée. (Il s'avance) Ne t'inquiète pas Antigone, j'arrive !

Il sort en courant