Raphaël Chevillard

      Cela a été très difficile pour moi de mettre par écrit et de manière synthétique tous les souvenirs qui ont jalonnés mon parcours Salisien… Je vais donc essayer de faire vivre ce souvenir comme un témoignage pour les jeunes générations afin de leur insuffler l’envie d’être à leur tour un acteur singulier de cette histoire collective.

   Ainsi c’est avec une grande émotion que je vais tenter d’alimenter la mémoire des anciens pour laisser une trace dans cette aventure Humaine et Footballistique.

    Je n’ai passé qu’une année dans la section sportive des Trois Vallées, mais cela a été une vraie « rampe de lancement » pour de nombreux projets qui m’ont amené à vivre des choses extraordinaires et qui m’ont permis d’être là où je suis actuellement.

Au collège depuis la 6ème je regardais déjà avec admiration ces élèves que tout le monde surnommait les « SPETS », en me disant qu’un jour je ferai tout pour intégrer ce groupe et vivre ma propre expérience.

   Je suis rentré dans la section en 4ème (pas possible de rentrer en 5ème, nous étions trop jeunes à l’époque) dans la promotion 98-00 aux côtés de Nicolas Noiran, Thibault Salgue, David Carlini et bien d’autres… Les lieux m’étaient familiers, mais les us et les  coutumes de la vie en collectivité me paraissaient comme quelque chose de nouveau et de difficile à assimiler.  Néanmoins, c’est avec beaucoup d’envie et de curiosité que je me suis plongé dans l’aventure.

            Cela n’a pas toujours été facile, cependant ce fut un réel bouleversement dans ma vie qui m’a donné l’opportunité de vivre avec mes copains, des instants de bonheur, d’euphorie et de complicité, mais aussi des moments difficiles et tristes souvent apaisés par la fraternité qui nous a uni tout au long de cette histoire.

Cette année là nous étions une promotion un peu particulière car nous sommes arrivés en même temps que Monsieur Poisson, notre Coach (qui mène depuis la section sportive avec passion et brio), de ce fait nous avons dû faire face à quelques adaptations pour fonctionner dans les meilleures conditions possibles.

Mais cela nous a permis d’apprendre à nous débrouiller, à nous ajuster à des  situations nouvelles pour mener de front les études et notre passion « le football ».

L’objectif était de pouvoir s’intégrer dans un groupe et de progresser ensemble de manière solidaire en se serrant les coudes. Il serait hypocrite de dire que cela a toujours été le cas, mais nous avons essayé de le faire au maximum pour que chacun puisse trouver sa place.

Ainsi durant cette année 98-99, j’ai vraiment vécu une expérience plus que formatrice et ce sont des valeurs telles que l’altruisme et l’humilité qui m’ont été transmises et que je cherche aujourd’hui à inculquer à mes élèves.

Footballistiquement, je n’étais pas un très bon joueur de foot, ce sont les entrainements quotidiens, l’envie de jouer avec mes copains et les conseils avisés des formateurs qui m’ont permis de croire en moi sur le terrain et dans la vie de tous les jours. J’étais très maladroit techniquement et cela me valait souvent quelques chambrages, pourtant à force de travail j’ai bien progressé cette année là. Par chance ou du moins en étant peut-être au bon moment, au bon endroit (grâce aux éducateurs prêts de moi en ces temps), j’ai eu l’opportunité  sur un stage à Castelmaurou d’être repéré par Erick Mombaerts (directeur du pôle espoirs à cette époque à Castelmaurou) et de continuer ma formation au centre technique régional.

Je ne vais cependant pas m’étaler sur ce sujet, ce n’est pas le plus important, je souhaite juste que les jeunes sachent que  le parcours Salisien est avant tout une histoire de copains qu’ils vont construire jour après jour, une aventure unique qui leur appartiendra. Elle sera surement à la base de leur vie future d’adulte et ils n’auront de cesse de se remémorer ces moments passés ensemble.

Je suis aujourd’hui enseignant d’EPS à mon tour et j’espère pouvoir donner un jour l’envie aux jeunes générations de vivre un challenge pareil. Leur permettre d’avoir des frissons à la suite d’un « discours magique de leur professeur ». De trouver cette complicité sur le terrain mais aussi en dehors à l’école par exemple, ou encore et surtout à l’internat lieu culte de vie en collectivité, de camaraderie et de souvenirs impérissables.

Donc je finirai en disant un grand merci, aux personnes (tous les éducateurs et personnels)  qui ont su s’investir pour nous faire connaître des moments inoubliables et  formateurs pour la suite.

Enfin je ne pourrai conclure sans citer le nom et rendre hommage réellement à deux personnes anthologiques avec qui ma complicité s’est forgée au fil du temps.

Pour la première on peut dire que sa réputation dépasse les frontières (j’y ai d’ailleurs beaucoup participé), il s’agit bien entendu de MONSIEUR BERNARD TEOULE. Que de phrases mythiques nous avons connu à ses côtés, un charisme et une autorité hors du commun, une voix à faire trembler n’importe quel « petit con » d’adolescent. Alors merci à Monsieur Téoulé fervent supporteur des « SPETS » bien que garde « fou » à ses heures.

Pour finir c’est un GRAND MERCI que je ferai à _ pour tout ce qu’il a accompli pour la section de Salies du Salat. Tant de valeurs et de motivation ont guidé mes pas grâce à lui.

 

                        « Qui cesse de vouloir devenir meilleur cesse déjà d’être bon »

                                                                               Adaptation de Louis Pasteur

 

 

 

Vincent Baron

    

    Merci de raviver la mémoire des "anciens" et de construire celle des nouveaux p'tits jeunes, Salies est une marque impérissable !

  En 2000-01, en provenance d'un sport-études ariégeois qui venait de fermer ses portes, j'ai été accueilli au même titre que Sylvain D., par M. Carayol, M. Téoulé et M. Poisson alors à l'époque. Il y avait les locaux, et les spet's, ce surnom affectif ou non, qu'on avait pris goût de porter fièrement. Cette dernière année de collège a très certainement changé mon avenir, non pas parce que j'y ai obtenu mon brevet, du moins pas seulement, mais parce que la qualité de l'encadrement du sport-études est telle, que les savoirs transmis se véhiculent dans mon quotidien : la fameuse poignée de main ferme, franche, accompagnée d'un regard sincère dans les yeux de son vis-à-vis n'est qu'un exemple du savoir-être, du savoir vivre qui m'anime depuis cette année.

  Footbalistiquement, latéral gauche à Salies, j'ai suivi une 2nd Sport-Etudes au lycée polyvalent Rive Gauche... je n'aurais pas percé davantage, ni évolué plus haut que le niveau régional, "superligue" en jeune, PH en senior avec Luzenac... puis j'ai écrit quelques pages d'histoire de clubs de district "qu'on a fait monter"... aujourd'hui, le foot n'est plus de mon quotidien de part les déceptions qu'il m'a fait connaitre (certaines mentalités, des entraînements à 5...), moi, je voulais jouer au foot des 3 Vallées et malheureusement, je ne l'ai plus retrouvé... ah si, quand j'allais m’entraîner avec la CFA de Luzenac une fois par semaine car étudiant sur Toulouse, avec M. Pelissier, mais là, ce n'était pas mon niveau... :( - clin d'oeil à Thomas Guerbert donc que je n'aurais que croisé...
   Ceci n'est pas un échec, puisque tout ce dont j'ai appris en sport-études, je l'exprime via un autre sport, la course à pied, le trail, le skyrunning, l'ultra, le raid... autrement dit, je cours 10, 20, 40, 60... 80 km... en moyenne montagne... ainsi, les valeurs humaines reçues à Salies, sont développées ici c'est à dire : sérieux, assiduité, respect de soi, de son environnement, adaptation à son milieu, persévérance, travail dans l'effort et vivre sa passion avec humilité mais intensité ! 

   Globalement, au-delà de l'éducation de qualité qu'on reçoit en sport-études à Salies, la vie à l'Internat, en collectivité... est gage de beaucoup d'apports sur le plan du développement relationnel de l'adolescent. je dis ça pour les parents qui se demandent si leur enfant a sa place à l'internat.

  Aujourd'hui, et pour répondre au sujet du topic (enfin), je suis comptable chez un concessionnaire Renault à Grenoble après avoir travaillé dans le marketing pour le ski nordique pyrénéen et suite à des études en comptabilité (BTS) et Management (Licence pro et M1).
   Je suis également un heureux jeune papa qui se rappelle des rêves qui faisaient de lui un môme et qui transmettra bientôt, les règles qui font désormais de nous, des hommes. Merci de nous donner l'occasion de s'exprimer - cette "réponse à l'appel" pour témoigner de la qualité de ce sport-études sur tous les plans et comme gage de reconnaissance envers _ pour ce qu'il m'a apporté.

 

 

 

Kevin Gil

 

   « Le sport c'est la vie, c'est la santé mais au collège des Trois Vallées on nous apprend aussi à devenir des hommes. »

     Mes premiers mots :
   Quel bonheur, quel honneur, c'est avec grand plaisir que je joins mon témoignage pour la mémoire des anciens.
     Une seule année au collège des Trois Vallées en tant qu’élève de la promotion 2002-2003, mais un passage qui a eu et gardera un impact certain sur l'homme que je suis et celui que j’aspire à devenir.
   L'équipe : Quels que soient notre milieu, notre couleur, notre façon de penser le travail ou d’appréhender les valeurs de l’enseignement, une cohésion et un état d’esprit forts nous animaient. Nous allions tous dans le même sens, avec une culture de la gagne, de l'humilité et de la sincérité.


   " Lors d'une opération militaire / lors d'une compétition sportive
la véritable valeur d'une section/ la véritable valeur d'une équipe
C'est le nombre de sa masse multiplié par une valeur "x" et cette valeur "x" n'est autre que l’Etat d’Esprit.
    Les hommes les plus motivés par le combat/les hommes les plus motivés par la gagne
ceux qui s'exposeront le plus au danger/ceux qui s'exposeront le plus au contact
indépendamment de qui ils affrontent qu'ils soient armés de fourche ou de cailloux/
indépendamment de qui ils affrontent qu'ils soient de niveau inférieur ou moins grands
    Ces hommes là seront dans les meilleures dispositions pour gagner."

      Pour conclure, cette année passée dans le collège de Salies du Salat fut fusionnelle où chaque mot, chaque conseil _, qu'ils soient sportifs ou non, sont aujourd'hui restés à mes yeux, les plus belles lettres de noblesse.

 



Arnaud Ramirez

" _ a posé son empreinte sur l’homme que je suis devenu et que je deviens chaque jour, au travers de ce qu’il véhiculait, de sa façon de mener un groupe, et bien évidemment de ses enseignements. Ces mêmes enseignements qui me servent encore aujourd’hui, tel que le respect, la discipline et la rigueur ou encore l’humilité et le travail.

Mais je n’oublie pas Mr Téoulé, sans qui la section ne serait pas ce qu’elle est. Etant droit et juste, tout en voyant le bon en chacun de nous il m’aura aussi beaucoup apporté et beaucoup montré, par le dévouement à ses élèves, l’amour de son métier et du football.

Je pense que je me rappellerai toujours de ce début d’entraînement à l’approche d’un des grand rendez-vous de l’année puisqu’on allait jouer quelques jours plus tard notre qualification pour les inter-académiques, Lionel nous a regroupé et nous a dit à peu de choses près : « dans la vie vous ne pouvez pas chasser plusieurs lièvres à la fois si vous voulez être performant », autrement dit quand on veut quelque chose on doit tout faire pour y arriver et mettre toutes les chances de son côté.

Pour entrer dans le vif du sujet, je suis arrivé à Salies en 2001-2002, tout cela était nouveau pour moi, les structures, l’internat, la camaraderie. Malgré quelques difficultés au départ, j’ai rapidement pris mes repères. Lionel m’a fait confiance dès ma première année en m’accordant le droit de faire quelques entraînements avec les 3ème, et l’année suivante il m’a confié le brassard de capitaine qui représentait beaucoup à mes yeux. J’ai alors ressenti une responsabilité que je me devais d’assumer. Mais au-delà de cela le collectif primait avant tout, tous les joueurs étant logés à la même enseigne.

J’ai continué l’aventure sport étude au Lycée Alexis Monteil où j’ai côtoyé Michel Poisson. Seule ombre au tableau, une blessure de plusieurs mois m’a sûrement empêché d’intégrer le groupe qui a participé aux championnats de France remporté par le lycée et de prendre part aux championnats du monde au Danemark.

Ces trois années à Rodez m’ont aussi montré que le sens de la camaraderie, la solidarité, et le sens de la compétition était tout autant partagé au sport étude de Baraqueville, malgré quelques appréhensions en début d’année on s’est tous vite entendu et nombre de mes très bon amis sont issus de ce sport étude.

Malgré tout c’est aussi à cette même période que j’ai eu la chance d’intégrer l’équipe des 16 ans nationaux de Muret et de me frotter aux meilleurs joueurs de mon âge.

J’ai ensuite mis entre parenthèses le football pour me consacrer aux études de médecine avec comme objectif de devenir kinésithérapeute. Je n’ai cependant pas réussi à avoir le concours, mais dans la vie on rebondit toujours et j’entame à ce jour ma 4ème année de droit a Toulouse.

Pour finir je dirais que nous avions l’impression d’être des privilégiés en raison d’une vie en communauté exceptionnelle, d’entraînements journaliers, et d’un encadrement assuré par des gens compétents et très bon pédagogues. Avec le recul j’ai la certitude que cette impression était vraie.

C’est pour cela que si je peux prodiguer un conseil à toutes et à tous qui sont entrés cette année, les années précédentes, ou qui rentreront à la section sport-étude dans les prochaines années, ainsi qu’aux parents inquiets, c’est d’en profiter à 100% tous les jours malgré les doutes et peut être des blessures, car nous ne vivons une pareille aventure que très rarement dans une vie. Gardez un mental à toutes épreuves car là est aussi la clé de la réussite, et surtout n’oubliez pas que vous avez gagné le droit d’être à votre place grâce à vos compétences scolaire et à vos talents de sportifs et ainsi, de côtoyer des gens formidables, et de pratiquer votre passion tout en suivant une scolarité normale et de bon niveau. Donc ne gâchez pas cette chance qui vous est donnée.

Et n’oubliez pas qu’après le football, il y a une vie, et que cette vie, votre avenir à chacun, se prépare à chaque instant."