La devise des jeux olympiques modernes a été proposée par Pierre de Coubertin à la création du comité international olympique en 1894 à la Sorbonne.

   La paternité de l’expression revient à Henri Didon, prêtre dominicain, qui en 1891, proviseur du lycée Albert le Grand d’Arcueil, exhortant ses élèves à cultiver leur jeunesse dans la pratique sportive « [...] dans une éloquente allocution a souhaité que ce drapeau les conduise “souvent à la victoire, à la lutte toujours”. Il a dit qu’il leur donnait pour devise ces trois mots qui sont le fondement et la raison d’être des sports athlétiques :citius, altius, fortius" - "plus vite, plus haut, plus fort" ».

  Malheureusement, ces idées de dépassement de soi et de recherche de la performance, dans la société actuelle, conduisent souvent des sportifs et des dirigeants à l'égarement, des spectateurs à l'excès et les jeunes plus généralement à une perte de repères et à des images déformées de l'éthique sportive.

   Dans ce recueil de témoignages, nous nous laissons guider par des personnalités marquantes du sport, véritables sources d'inspiration. Ces entraîneurs, ces athlètes et ces équipes au palmarès mirobolant, nous ramènent les pieds sur terre, en pronant l'humilité, la simplicité, le travail et l'innovation...

 

 

 

 

 Stéphane Diagana - champion du monde du 400 mètres haies à Athènes en 1997- 

   Fervent militant de la cause anti-dopage, il est actuellement membre du comité des sportifs de l'Agence mondiale antidopage (AMA).

   Un passionné qui a su allier travail et plaisir

  La passion représente pour lui le point de départ, la condition sine qua non qui conduit à la réussite.

  D’ailleurs, il aime utiliser la métaphore du temple antique pour expliquer le chemin qui mène à la réussite. Le socle serait la passion et la performance en serait le toit. Entre les deux se trouvent cinq piliers, baptisés “vouloir”, “croire”, “pouvoir”, “savoir”et “faire”. Pour gagner, il faut sans arrêt “refaçonner” ces piliers. Si le succès n’est pas au rendez-vous, il est essentiel de ne pas se remettre en cause personnellement, avance-t-il. Il faut savoir comprendre les échecs, s'affranchir du jugement des autres et être encore plus exigeant dans sa lecture des succès car ceux-ci valident tout, aussi bien les bons que les mauvais points qui ont amené à la réussite. Il ajoute :

“Lorsque j’étais troisième des championnats du monde, un journaliste avait dit : "Diagana ne gagnera jamais parce qu’il n’a pas assez la haine de l’adversaire". En 1997, quand j’ai gagné, je ne haïssais pas plus mes adversaires. Au contraire, j’avais envie de démontrer que l’on pouvait gagner sans avoir la haine de son adversaire. Si l’on est fortement adversaire sur le terrain, en-dehors, on doit pouvoir se retrouver et oublier la compétition. On apprend énormément sur soi-même quand on se lance dans le sport, notamment le respect vis-à-vis des autres”.

 

Jacques Piasenta - Entraîneur national de la F.F.d'Athlétisme

  "Ceux qui nous veulent du bien nous enseignent toujours à faire des efforts et par là à exceller en nous-mêmes." 

   Le sport ne peut se situer en marge du fonctionnement social, mais son appropriation par le seul monde économique en modifie profondément les valeurs et les pratiques. Le champion n'est plus regardé pour ce qu'il fait, mais pour ce qu'il représente pour un public qui ne possède plus la moindre notion d'éthique.

   " Le sport confronte à des réalités et doit continuer à valider des valeurs qui tombent en désuétude, le travail, la rigueur, la concentration, le retour sur soi, et non la fuite hors de soi."

 

 

 

 

 

Roger Federer - 16 titres en tournoi du Grand Chelem - 285 semaines N°1 mondial ATP(record)

   "Je ne pense pas qu'il existe quelqu'un qui aime le tennis plus que moi"

   "J'ai toujours mis un point d'honneur à me perfectionner en permanence, quel qu'en soit le prix. Je suis toujours à la recherche de nouvelles voies pour aller de l'avant et rendre ma vie aussi riche et intéressante que possible."

   Dans les débats visant à désigner les plus grands sportifs de tous les temps, Roger Federer fait jeu égal avec Mohammed Ali et Michael Jordan...

   "Quand je pense au niveau que j'ai atteint, j'ai encore de la peine à y croire, alors être comparé à des sportifs de cette envergure, c'est inespéré. Je suis heureux de contribuer ainsi à rendre le tennis encore plus populaire."

   "J'étais certes un enfant plutôt timide, mais le tennis m'a très vite aidé à m'affirmer. Un bon leader ne doit pas avoir peur d'être en première ligne quand il le faut. Il se distingue par la façon dont il surmonte les situations de crise. Avoir les épaules larges et une bonne dose de confiance en soi est donc essentiel. J'assume un rôle de leader dans le tennis et dans le cadre de ma fondation, mais également au sein de mon équipe. Et je ne peux que constater combien il est important de fixer des orientations claires, mais aussi de se montrer à l'écoute et ouvert à la critique."

 

 

 

 

Jonathan Peter Wilkinson, officier de l'Ordre de l'Empire britannique, plus connu sous le nom de "Sir" Jonny Wilkinson, est un joueur de rugby à XV international anglais

   22 novembre 2003 : L'Angleterre joue la finale de la Coupe du monde contre l'Australie à Sydney. Jonny Wilkinson va entrer dans la légende au cours de la prolongation. Alors que les deux équipes n'arrivent pas à se départager et qu'il a déjà réussi quatre pénalités (17-17), Wilkinson passe un drop du droit, pour lui le gaucher (100e), qui permet à l'Angleterre d'être championne du monde. Il est élu meilleur joueur du monde par l'IRB, à 24 ans.

   Jonny Wilkinson est toujours l'un des joueurs de rugby à XV les plus populaires, et il cumule nombre de records. Le 6 octobre 2007, il devient le plus grand marqueur de l'histoire de la coupe du monde, dépassant l'Écossais Gavin Hastings en butant quatre pénalités en quart de finale contre l'Australie. Lors du tournoi des six nations 2008, il devient le premier joueur anglais et le second joueur mondial à passer la barre des 1 000 points marqués. En mars 2008, il devient le plus grand marqueur du rugby international, dépassant le Gallois Neil Jenkins, avant de perdre le record à son tour au profit du Néo-Zélandais Dan Carter.

   Wilkinson est comme Jonah Lomu une des grandes stars du rugby mondial qui a largement participé à la popularisation du rugby. Sa position si particulière pour taper les pénalités est aujourd’hui imitée par tous les bambins qui rêvent d’inscrire le drop de dernière minute d’une finale de Coupe du Monde. Wilkinson est une icône du rugby Anglais à plus d’un titre. Connu et reconnu pour son talent, il est encore plus impressionnant au niveau de sa préparation physique ou mentale et de la longueur de ses entraînements. Très rigoureux, et se forçant à avoir une excellente hygiène de vie Jonny Wilkinson ne s’est pas retrouvé au sommet du rugby mondial par hasard.

  "J’essaie en permanence de m’améliorer pour que les choses soient plus faciles mais aussi plus efficaces. C’est dans ma mentalité."

    "J’essaie de trouver un équilibre : travailler dur pour retrouver la forme et, en même temps, comprendre qu’il est important de rester « frais », d’éviter les blessures. Je commence à comprendre cela. Mais il y a des moments où l’on doit suivre son instinct. Et pour moi, cela passe souvent par un surplus d’entraînement."

   "Les joueurs anglais qui ont rejoint le top 14 ont voulu se remettre en question pour progresser. Je ne sais pas si le championnat de France est meilleur que celui d’Angleterre. Disons qu’ici il y a beaucoup de choses à apprendre. C’est ce qui m’a motivé. Je voulais sortir de ma zone de confort. Me mettre en difficulté pour rebondir."

   "...c’est une philosophie et une façon de vivre. Cela m’aide à trouver la meilleure façon d’agir dans la vie et sur le terrain, avec les autres. Il ne s’agit pas d’échapper à la pression mais de savoir comment la transformer en quelque chose qui peut me motiver, m’aider, me pousser. J’ai besoin de me servir de toutes mes expériences, de les ressentir, pour apprendre."

 

 

 

 

Le Barça - F. C. Barcelone - Passages extraits du bimensuel "Foot Cytoyen" n°28

   Le Barça, c'est une identité, une philosophie, un état d'esprit... l'amour du jeu dans ce qu'il a de plus beau, car jusqu'au-boutiste. Dans ce système, la passe est un cadeau à l'autre, une manière de le mettre dans les meilleures conditions, le dribble est collectif, tout comme la victoire.

          Yohan Cruyff: "Au Barça, un joueur a le ballon dans les pieds et neuf joueurs autour de lui en mouvement."

   "Cette méthode ne fonctionne que si l'entraîneur de l'équipe professionnelle utilise à plein son centre de formation. S'il ne le fait pas, l'école de foot perd de son intérêt." (en référence à la Masia)

   "Ce qui me rassure, c'est de voir que toutes ces stars sont des gens normaux. Leur comportement est tout ce qu'il y a de plus simple."

          Xavi: "L'idée générale qui m'anime sur le terrain, c'est de ne pas perdre le ballon. Ici, on te rend responsable du ballon."

   "Je pense toujours à mon partenaire pour qu'il puisse jouer à une touche."

 

    L'état d'esprit Blaugrana:

  Sur le terrain, les joueurs semblent guidés par l'unique objectif de se faire plaisir et de donner du plaisir au public. Ce sont des sourires, une générosité, une envie perpétuelle de jouer. C'est la cohésion qui se dégage de leur jeu offensif comme défensif. Ou le sens du partage qu'ils manifestent au moment de fêter leurs buts. C'est aussi le respect qu'ils dégagent envers partenaires, adversaires, arbitres et spectateurs. C'est encore une bonne raison de s'inspirer de cette équipe...

 

 

 

 

Équipe de France de Hand-ball: des Barjots aux Experts...

 

 

 

Daniel Constantini

   En 1985, lorsqu'il prend en charge l'équipe de France de handball masculin, celle-ci est classée 19e mondiale. En changeant radicalement les habitudes prises, il conduira d'abord l'équipe de France à la médaille de bronze aux Jeux olympiques d'été de 1992 puis à la consécration mondiale aux Championnat du monde de handball masculin 1995 en Islande avec une équipe de fortes personnalités, surnommés les Barjots tels que Frédéric Volle, Philippe Gardent, Denis Lathoud, Stéphane Stoecklin et un génie Jackson Richardson.

   Après quelques déceptions comme les Jeux olympiques d'été de 1996 et Jeux olympiques d'été de 2000 il reconduit, pour sa dernière compétition, l'équipe de France à la médaille d'or lors des Championnats du monde 2001 en France avec des joueurs tels que Jackson Richardson, son capitaine, ou Grégory Anquetil.

    « il faut maîtriser les règles, ne pas les mépriser pour conquérir son espace de liberté ». Cette phrase à tendance philosophique ou sociologique signifie qu’il faut obligatoirement partir d’un code pré établi, décidé par les législateurs, mais que ce code n’est qu’un prétexte pour aller de l’avant et pour se dépasser. Il faut réussir à flirter avec les limites de la règle, pour réussir à se l’approprier pour qu’elle ne soit plus une limite, mais une potentialité.

    Nous avons surtout réfléchi sur notre temps de travail. Nous avons multiplié par 2, puis par 3 la durée d’entraînement. Depuis 1985 le temps d’entraînement des handballeurs français est passé de 300 heures à 600 heures par an. Aujourd’hui il s’élève à 800 ou 900 heures. Il fallait persuader les joueurs de se mettre au travail sans pour autant améliorer les conditions matérielles. Alors j’ai commencé à entraîner les joueurs qui étaient vraiment convaincus de l’intérêt de ce changement. De très bons joueurs à l’époque n’ont pas voulu essayer. D’autres un peu plus jeunes ou moins performants à ce moment-là, ont accepté de tenter l’aventure et se sont retrouvés les meilleurs quelques années après.

   Dans la préface de son livre « Handball », Daniel Herrero déclare « jamais Daniel Costantini ne fut fossile. A chaque étape il y eu recherche, innovation, et bilan ».

 

 

 

 

Claude Onesta (successeur de D. Constantini) possède l'un des plus beaux palmarès d'entraîneur de handball de tous les temps, avec des titres dans les compétitions majeures, les jeux olympiques, le championnat du monde et championnat d'Europe. En janvier 2010, il conduit son équipe à un deuxième titre européen, devenant la première équipe de handball masculin à détenir de manière simultanée les trois titres majeurs. Claude Onesta renouvelle l'exploit un an après, en janvier 2011, lors des championnats du monde en Suède.

   "Sauf que notre force, notre véritable valeur ajoutée, notre notoriété viennent justement du fait qu'on n'est pas dans Gala. Qu'on est performants en étant des gens normaux, reprend l'entraîneur, qui compte cinq titres majeurs avec les Bleus (un titre olympique, deux mondiaux, deux européens). On a vu chez les autres tout ce que ça a pu générer de stupidité, d'indécence et on a pourtant tendance à vouloir les rejoindre dans tout ce qui est affichage, rémunération, notoriété, publicité. En faisant ça, on risque de perdre ce qui faisait notre singularité."

  "Mon rôle, c'est d'essayer, en bon père placide, de leur dire, avec mes mots, tout ce que je peux penser du dérisoire de la situation".

 

   Pour information:  Durant ce Championnat du Monde 2005 en Tunisie, Onesta est à deux doigts d'être limogé après le très mauvais départ de la sélection française. Les Français, dans une partie à quitte ou double le 29 janvier 2005 s'imposent face au Danemark (32-26) et sauvent la tête de leur entraineur avant donc de décrocher la troisième place de la compétition.

   Puis, lors du Championnat d'Europe 2006, il marque de son empreinte le handball français en parvenant à réaliser un objectif que son prédécesseur n'avait pas rempli : remporter une médaille dans un championnat d'Europe, compétition réputée la plus difficile, le handball étant un sport dont les grandes nations sont toutes européennes. Objectif rempli de la plus belle des façons avec le titre européen, en battant en finale les champions du monde en titre l'Espagne, après avoir éliminé en demi-finale les champions olympiques croates.

 

 

 

 

 

 Mohamed Ali ou en anglais Muhammad Ali (né Cassius Marcellus Clay Jr. le 17 janvier 1942 à Louisville, dans le Kentucky), est un boxeur américain évoluant en catégorie poids lourds. Il fut nommé sportif du XXe siècle par une assemblée de journalistes internationaux, précédant Pelé. Il doit sa célébrité mondiale autant par ses performances sportives que par son verbe haut, sa conduite extra sportive et son activisme politique. Il est atteint de la maladie de Parkinson depuis 1982.

 

     “Je vais partager un petit secret avec vous. La course à pied fut à l’origine de ma force. Très tôt dans ma carrière, j’ai appris à courrir au-delà de la fatigue. Tant que je ne ressentais ni lassitude ni douleur, je considérais cela comme un simple échauffement. Il fallait que je dépasse mon seuil de tolérance pour que l’entraînement devienne profitable. C’est à ce moment-là que je mettais les bouchées doubles. Chaque kilomètre supplémentaire m’apportait un surcroît d’énergie. Ce qui fait la différence sur le ring, c’est ce dont on est capable une fois qu’on est fatigué. C’est la même chose dans la vie. Ne vous laissez pas arrêter par ceux qui abandonnent quand ils se sentent mal, par ceux qui se désespèrent facilement, par ceux que l’échec et l’injustice démoralisent, par ceux qui perdent de vue leur objectif. Si vous voulez gagner, votre volonté ne doit jamais fléchir, votre foi ne jamais faiblir. Vous ne devez jamais cesser de vous battre”.

 

    "J'ai détesté chaque minute d'entraînement, mais j'ai dit: " N'abandonne jamais. Souffre maintenant et vit le reste de ta vie comme un champion.""

 

 

Kílian Jornet i Burgada, né en 1987, est un sportif professionnel espagnol, spécialiste de ski-alpinisme, ultra-trail et course en montagne. Jornet a été plusieurs fois médaillé aux championnats du monde de ski-alpinisme, notamment en course verticale. Il a été trois fois champion du monde de skyrunning, vainqueur des ultra-trails les plus prestigieux tels que l'UTMB, la Western States 100, les Grand Raid, etc. Il est aussi l'auteur de plusieurs records d'ascension comme le mont Blanc et le Cervin. Considéré comme l’un des plus grands coureurs à pied en montagne de tous les temps, il est parfois surnommé « l'extraterrestre du trail ». Jamais il ne gravit une montagne sans aller jusqu'au sommet.

 

« Nous sommes nos propres rêves. Sans rêves, nous n’existons plus. »